Total Produits
0,00 €
Livraison : calculée à l'étape suivante
Total TTC
0,00 €
Philippe Giroud est tapissier… metteur au point. Et ce second qualificatif a toute son importance ! Dans l’atelier, son métier consiste à concevoir la meilleure manière de tapisser un modèle, avant sa mise en production de série, en respectant le dessin original – parfois complexe, et c’est peu de le dire –, et en accord, évidemment, avec les exigences de confort et de qualité de finitions de la maison. Il nous livre les secrets de fabrication d’un modèle iconique : le fauteuil Oyster CM 137, signé Pierre Paulin.
TEXTE Maëlle Campagnoli et PHOTOS Jean-Pierre Lemoine
Car cette ultime étape du tapissage présuppose de connaître tous les métiers qui se succèdent au cours de la fabrication d’un siège : la structure, le collage, la mousse, ou encore la couture. « Cela nous permet de faire les bons compromis, poursuit-il, d’adapter certaines étapes, comme par exemple, modifier quelque chose sur la tapisserie pour faciliter le travail de la couture. Ces allers et retours, entre le bureau d’études [qui met au point les premiers prototypes sur lesquels tout le monde travaille, ndlr] et les divers métiers de l’atelier est essentiel pour trouver la meilleure solution. Il faut aussi parfois adapter nos outils, voire en imaginer de nouveaux. D’autant que les rééditions sont des produits extrêmement techniques. Nous n’avons aucune marge de manœuvre. Il faut vraiment s’adapter. Là, l’expérience de ceux qui font est irremplaçable. »
Et en vingt-six ans, Philippe Giroud a eu le temps d’en acquérir. Lorsqu’il entre en production en 1998, il apprend à faire tous les modèles, surtout les plus techniques, les plus difficiles en houssé. Ceux qui demandent plus de temps, de réflexion. Avant de devenir formateur tapissier. La précision, c’est une affaire de millimètre, pour respecter la courbe d’une arrête ou de l’assise d’un siège. D’autant que d’une matière à l’autre, il faut adapter chaque geste. « On cherche l’onctuosité, l’esthétique. Sur des arêtes vives ou du bois, c’est finalement assez simple, mais la mousse reste souple. Et là, c’est une question de ressenti. La main nous guide. Selon que l’on travaille du textile ou du cuir, la mise en place est très différente. Et sur le cuir, les réglages d’une peau à l’autre sont eux-mêmes à chaque fois différents. Mais c’est aussi cette nécessité d’adaptation permanente qui fait tout l’intérêt du métier. »
Chaque modèle a ses propres contraintes, et il faut habilement savoir mêler industrie et artisanat. Le modèle Oyster, d’ailleurs, avec sa double coque inversée est un vrai concentré de technicité, particulièrement difficile à tapisser. Le tirage est complexe, et pour le faciliter, la densité de la mousse a été un peu revue. Puis le tapissage se fait par collage. Une fois la mise en place du textile ou du cuir réalisé, il faut réactiver la colle pour fixer la matière sur la mousse, et là, il n’y a aucune marge d’erreur possible. Il faut être sûr de ses gestes. L’arrête de la coque est un peu arrondie, ce qui rend l’agrafage (l’étape qui donne sa forme définitive au modèle) particulièrement difficile. Et la liste est longue de toutes étapes requérant de la précision. Philippe Giroud conclut : « Plus les formes sont complexes, plus le tapissage est complexe, parfois physique aussi. Il faut prendre le temps de bien faire dans tous les cas, parfois défaire, refaire. »
La collection Oyster
À explorer
Notre magazine en ligne vous offre un aperçu de nos collections et de nos inspirations. Pour découvrir l’intégralité des contenus, avec nos créations, ambiances, savoir-faire et inspirations exclusives, rendez-vous dans nos boutiques pour feuilleter le dernier numéro et plonger pleinement dans l’univers de la marque en visitant la boutique la plus proche.